Quand ce qui nous a protégé,
ne nous protège plus

thérapie du changement

Il arrive un moment où l’on sent que quelque chose ne fonctionne plus.
On continue pourtant à faire ce que l’on a toujours fait. On tient, on s’adapte, on gère. Mais au lieu de soulager, ces efforts finissent par épuiser, crisper, enfermer.

Ce qui nous a permis de traverser certaines périodes de vie continue d’orienter nos réactions, nos choix, nos relations… alors même que le contexte a changé.

Ces réflexes se sont construits dans l’urgence, la contrainte ou la nécessité de survivre.
Ils ont eu une fonction essentielle.

Ils nous ont protégés.
Ils nous ont aidés à tenir debout, à nous adapter, à faire face.

Mais ce qui a protégé un jour peut, plus tard, devenir un obstacle.

Des stratégies de survie devenues automatiques

Face à des situations difficiles, nous développons tous des réponses rapides et efficaces sur le moment : se durcir, éviter, contrôler, se taire, s’emporter parfois.

Dans l’approche systémique de Palo Alto, ces réactions sont appelées des tentatives de solution.

Elles ne sont ni mauvaises ni pathologiques. Elles sont souvent les meilleures options disponibles à un instant donné.

La colère, par exemple, a pu servir à poser des limites ou à se défendre ; l’évitement, à préserver un équilibre fragile ou à ne pas aggraver une situation.

Le problème n’est donc pas qu’elles aient existé, mais qu’elles continuent parfois de s’imposer alors qu’elles ne sont plus nécessaires.

Avec le temps, ces stratégies deviennent automatiques. On ne les choisit plus : on les répète. Et lorsqu’elles cessent de fonctionner, on a tendance à les renforcer — faire plus, plus fort, plus longtemps — faute de savoir faire autrement.

Déposer ce qui n’est plus nécessaire

Changer ne signifie pas renier ce que l’on a été.

Cela signifie reconnaître que certains gestes, certaines réactions, ont rempli leur mission. Les déposer peut être inconfortable. Car ces mécanismes sont connus, familiers, parfois rassurants — même lorsqu’ils font souffrir.

Ils donnent une illusion de contrôle dans des situations où l’on se sent vulnérable.

Apprendre à faire autrement demande du temps, de l’expérimentation, et souvent un accompagnement.

Il s’agit d’explorer de nouveaux gestes relationnels, de nouvelles manières de répondre, plus ajustées à la personne que l’on est aujourd’hui, et non à celle que l’on devait être hier pour survivre.

On ne construit pas une vie apaisée avec des réflexes de survie

Ce qui permet de survivre n’est pas toujours ce qui permet de vivre pleinement.

Une vie plus apaisée, plus alignée, ne peut pas se bâtir sur les mêmes mécanismes que ceux qui ont permis de tenir dans l’urgence.

Le changement commence souvent par cette prise de conscience :
« Ce que je fais a du sens… mais ce n’est plus adapté. »

À partir de là, un autre chemin devient possible. Non pas en forçant, mais en apprenant à répondre autrement aux situations d’aujourd’hui.

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