Quand les “bons vœux” peuvent être anxiogènes

Chaque début d’année, les messages de vœux se multiplient : bonheur, réussite, santé, prospérité… Une avalanche d’attentes positives. On pourrait penser que ces messages sont toujours réconfortants, mais pour beaucoup, ils peuvent être source d’angoisse.

Pourquoi les vœux peuvent faire peur ?

Les bons vœux sont souvent formulés avec les meilleures intentions. Mais pour certaines personnes, ils rappellent un écart entre ce que l’on espère et ce que l’on vit réellement. On nous souhaite de belles choses, et on espère que tout sera chouette… et parfois, la réalité est exactement l’inverse. Ce contraste peut générer un sentiment de décalage : “Pourquoi tout ne va-t-il pas comme prévu ? Suis-je à la hauteur ?”

En plus de cette pression invisible, la fatigue accumulée en décembre joue un rôle majeur. Entre les obligations professionnelles et familiales, les préparatifs, les fêtes, les courses et les tensions émotionnelles éventuelles, beaucoup de personnes commencent l’année déjà épuisées mentalement et physiquement. Cette fatigue amplifie l’angoisse et rend les transitions plus difficiles.

Et puis il y a l’inquiétude face à l’inconnu : reprendre le travail ou les études, avancer sur des projets, gérer des relations, prendre des décisions importantes… Tout cela peut sembler lourd et incertain. Pour beaucoup, janvier est un mois qui met face à des choix, des responsabilités et des attentes, avant même que l’année ait vraiment commencé.

Enfin, les injonctions sociales invisibles ajoutent une pression supplémentaire : il faut sourire, être joyeux, festif, performant… Les réseaux sociaux et les échanges avec notre entourage amplifient ce sentiment que l’on “devrait” se sentir bien et enthousiaste. Quand ce n’est pas le cas, on se sent décalé·e, coupable, ou parfois dépassé·e.

Ce que l’on peut faire pour soi

Heureusement, il existe des petits gestes simples et puissants pour traverser cette période avec plus de sérénité :

  • Dormir un peu plus, surtout en hiver : la nature se repose, pourquoi pas nous ?
  • Bouger le corps, marcher, s’étirer… Le mouvement aide à relancer l’énergie et à reconnecter le corps et l’esprit.
  • Écrire ce qui traverse la tête, sans filtre : poser ses pensées sur le papier permet de les organiser et de les alléger.
  • Respirer, ralentir, lever le pied quand c’est nécessaire : se donner la permission de ne pas tout faire, de ne pas être toujours performant·e, est essentiel.
  • Demander de l’aide, parce qu’on n’est pas obligé·e de traverser les moments difficiles seul·e.

Ces gestes ne résolvent pas tout, mais ils permettent de reprendre pied, de souffler et de retrouver un peu de sérénité, même quand tout semble chargé ou incertain.

Et avec tout ça, que peut-on vraiment se souhaiter ?

Que vous puissiez, malgré la fatigue et l’inquiétude, trouver des moments qui vous font du bien, vous sentir à votre place, et avancer avec douceur et bienveillance envers vous-même. Que cette année ne soit pas parfaite, mais qu’elle soit réelle, vivante et humaine. Que vous puissiez vous écouter, vous respecter et vous reconnecter à ce qui compte vraiment pour vous.

Parce que finalement, c’est ça, le vrai souhait pour cette nouvelle année : rester en contact avec soi-même et prendre soin de sa santé mentale, avec patience et gentillesse envers soi.

Cindy KARGOL BAUER
Thérapeute systémique & coach en santé mentale

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